Oblizé entre audace et conformisme

A la première écoute, de nombreux titres laissent indifférents, car trop ressemblants, répétitifs. A la deuxième, certaines ressortent du lot, malgré un rythme identique du début à la fin. Impression générale, un album qui se laisse écouter, pour peu que l’on soit d’humeur joyeuse et peu pointilleuse.

Ce n’est pas désagréable, c’est festif, ça devrait mettre l’ambiance d’ici les prochains mois et faire le grand Chelem des fêtes familiales de fin d’année.

alain ramanisum oblize

L’album a pourtant des défauts. Pour la majorité des titres, il manque ce petit peu d’énergie pour faire d’un séga ambiance comme les autres un hymne à la fête et à la danse. Cela manque d’innovation, d’intensité et d’entrain.

Lorsque l’on connaît le talent d’Alain Ramanisum sur scène, on se demande pourquoi il ne garde pas cette même énergie lors d’un enregistrement. Les morceaux sont certes rythmés, entraînants, mais peut-être trop sages en version CD, sans émotion. Dommage.

Il gagnerait, par exemple, à changer de rythme ou à laisser la place à de vrais instruments au lieu d’un synthétiseur trop utilisé.

Exception faite d’Oblizé, qui à force de passer à la radio restera dans les têtes jusqu’à la fin d’année et finira Disque d’or. Les meilleurs titres du nouvel album sont ceux qui ont un son différent.

Sur Mové Zizman, on est ravi d’entendre des percussions et un son ne s’efface plus derrière la voix du chanteur. Raconté a également un rythme plus soutenu et une couleur plus jalsa. De même que Morsi Mo Zil, un seggae-reggae est une bouffée d’air frais au milieu de tous ces ségas identiques. La chanson Rodrigues est aussi une surprise. On aime les chœurs, une légèreté dans la mélodie et un côté ensoleillé sympathique. La reprise de Pou twa fam, est aussi plaisante à réentendre. C’est léger et joli.

En revanche, même si la musique n’est pas mauvaise on se demande le ton léger et la musique doucement joyeuse de la chanson intitulée Fléo la Drog. Chanter le «virus Sida, la la la la», n’est peut-être pas la meilleure des formules.

Le CD reste, malgré ses défauts, un des meilleurs du genre en ce moment. Alain Ramanisum est le chanteur qui monte en flèche et en popularité depuis ces dernières années.

Mais peut-être un peu Prisonnier de son succès, pour ne pas trop oser se renouveler.

A retenir : Oblizé, Mové Zizman, Moris mo zil, Rodrigues et Filé Filé.

source: l’express