La musique métissée
Du séga aux sonorités réunionnaises. Cette fois, Alain Ramanisum propose un album encore plus rythmé peut-être, mais beaucoup plus profond dans les paroles. En parlant de la Réunion, de son île «mystique» ou de son univers, Alain enjambe divers instruments sur son opus Prisonnier. Tabla, sitar, ravannes épicées, tous y trouvent leur compte. C’est un album à 11 titres. Si la première chanson retrace la vie de «prisonnier», les autres sont beaucoup plus légers. Mais Alain voulait essentiellement pointer de la voix, ce premier titre.

Seuls quelques morceaux se démarquent. Pese L’Umanité éveille la compassion. Alain parle d’une enfant prise dans le tourbillon d’une vie familiale difficile. Une maman qui se prostitue, une enfance qui se perd, une société en perte de vitesse. Ou encore la chanson Tchik Tchi Wa, le titre évoque déjà qu’il s’agit là, d’une chanson métissée. Agrémentée d’oriental, parsemée de séga, Alain chante pour son pays aux mille couleurs et cultures. C’est presque avec colère qu’il dénonce l’incompréhension qui habite la société. Pourquoi renier sa culture, pourquoi ne pas tout simplement être Mauriciens. Réunis dans un même esprit.
Mais il est vrai que c’est la chanson Prisonnier qui marque. Ce titre qui porte la voix de l’artiste très loin dans la tristesse de ceux qui sont injustement accusés et taxés de «culpabilité». Avant de le présenter à son île, Alain Ramanisum a d’abord lancé son album à la Réunion il y a deux semaines. 2 000 exemplaires ont déjà été écoulés. A Maurice, l’album est déjà en vente à Rs 280.
source: l’express